Blogs Lalibre.be
Lalibre.be | Créer un Blog | Avertir le modérateur

20-10-13

Que donnerait une société sans argent comme moteur ?

 

L’argent est un outil fabuleux. Il permet de mesurer de façon extrêmement précise la valeur des choses : le travail, les marchandises, les services, la beauté, la rareté, le talent,…

Malheureusement, il faut admettre qu’il a pris le pouvoir dans notre vie.
Sans lui, on ne peut plus travailler, se loger, se nourrir, se soigner, autant de services qu’il était censé réguler.
Il semblerait bien que le système financier actuel ait atteint ses limites.
Tout le monde doit de l’argent à tout le monde, l’argent ne circule plus et certains n’en ont pas assez pour leurs besoins élémentaires.

Qui de nos jour n’a pas vu sa vie ou celle de ses proches basculer à cause du manque d’argent ?
Une entreprise qui ferme alors qu’elle a du travail mais qu’elle ne peut pas payer ses fournisseurs, un accident grave parce qu’on a voulu économiser sur l’entretien de la voiture, une maladie qui s’est aggravée parce qu’on a voulu économiser sur les soins…

Pourtant, la solution était là, les clients, le mécanicien, le médecin… Il suffisait de faire appel à leurs services.

Ne vous êtes vous jamais demandé pourquoi on manquait d’effectifs partout alors qu’on est très loin du plein emploi, pourquoi des inondations sont dues à des ruptures de digue alors que leur réparation a été décidée il y a déjà bien longtemps, pourquoi les incendies se propagent alors qu’on sait qu’il faut débroussailler, pourquoi des gens n’ont pas à manger alors qu’on laisse des terres en jachère…

Les moyens techniques et humains existent pour solutionner la plupart des problèmes.

On est capable de nourrir la terre entière, de loger et soigner tout le monde, d’offrir à chacun un niveau de confort et de sécurité que beaucoup sont incapables d’atteindre à l’heure actuelle, même en travaillant dur.

Le fait de travailler ne garanti plus de pouvoir se nourrir ou de dormir sous un toit !

Quelle est en fait la vraie valeur des choses ?

Un somme financière, ou la somme de travail qu’il a fallu pour extraire la matière première, la transformer et acheminer le produit fini jusqu’à l’utilisateur final ?

Ne peut-on pas réduire la chaine travail-argent-consommation à travail-consommation ?

Depuis quelques jours, je me suis mis à rêver d’un monde sans argent, puis à réfléchir au fait que cela pourrait en fait très bien fonctionner.

Qui ne s’est jamais dit : ah si il n’y avait pas besoin d’argent ?

Sortons du cliché « je resterais toute la journée au lit avec l’amour de ma vie », chacun à un rôle à jouer dans la société pour qu’elle fonctionne, et il y a largement assez de besoins pour que tout le monde aie la possibilité d’apporter sa pierre à l’édifice.

Est-ce que cela ne serait pas plus simple si les gouvernements n’avaient à gérer qu’une quantité de travail au lieu d’un volume monétaire qui est à notre époque en grande partie consacré à la spéculation ?

Est-ce que cela ne serait pas plus simple, en face de n’importe quel problème, de se dire : « techniquement, on a la solution, on a la force de travail pour la mettre en œuvre, on le fait » plutôt que « techniquement, on a la solution, on a la force de travail pour la mettre en œuvre, mais on n’a pas l’argent » ?

Que donnerait une société sans argent comme moteur ?

Partons sur l’hypothèse que chaque personne qui remplit sa mission de travail envers la société, en tant qu’agent de production, de service, de fonctionnariat ou de dirigeant, obtienne automatiquement en contre partie des droits élémentaires, (dans l’idéal, dés qu’il est en âge de travailler, l’accès à un logement adapté à la taille de sa famille, la nourriture, l’accès aux soins médicaux, aux transports (collectifs ou individuels en fonction de la situation familiale, géographique ou professionnelle), l’entretien de son matériel de première nécessité dans des objectifs de sécurité et des droits aux loisirs (à vivre après le travail)) et des droits subsidiaires en fonction d’un volume supérieur de travail, du niveau de formation, du talent, de l’expérience ou du niveau de responsabilités.

Ces droits subsidiaires sont bien évidemment le moteur qui va pousser les gens à avoir de l’ambition professionnelle.

Ne sommes nous pas désormais capables, grâce à l’informatique, de gérer le volume de certains de ces droits élémentaires ?

La limite du système n’est elle pas de vouloir associer une valeur financière à ces droits, et d’être ainsi obligés de les limiter de plus en plus avec les conséquences qu’on connaît ?

Alors qu’on se rassure, je ne veux pas niveler par le bas.

J’estime qu’en mettant les chômeurs et les gens (très nombreux) qui ne servent qu’à gérer un système financier complexe sur des postes productifs, on peut produire 15 % de richesses en plus. Tout le monde en profitera donc !

Ces droits élémentaires, on a les moyens techniques et humains de les assumer.

On sait construire, entretenir, produire de l’alimentation, soigner, et on est assez nombreux pour le faire.

Raisonnons maintenant point par point, à titre d’exemple, les différents problèmes de société en associant une solution techniquement et humainement réalisable et en excluant la notion d’argent.

Le logement : nous sommes tout à fait capables de construire des logements de qualité pour chacun. Pourquoi ne pas déterminer et attribuer une surface minimale à chacun en fonction de sa situation familiale, les droits subsidiaires permettant d’acquérir plus de confort.

L’alimentation : encore plus fort, nous sommes capables de produire et nous détruisons au lieu de se donner les moyens techniques et humains d’acheminer la nourriture aux consommateurs, chez nos propres voisins comme à l’autre bout du monde.

Qui n’a pas eu envie de faire un don en voyant les enfants de la corne de l’Afrique à la télé, mais s’est dit que cet argent ne lui procurerait qu’un répit, et encore, si il en profite.

Dans un premier temps, pourquoi ne pas prendre des camions, des chauffeurs au chômage et acheminer la nourriture ?

Et dans un deuxième temps, ne sommes-nous pas techniquement capables d’irriguer leurs territoires pour leur permettre de les cultiver ?

Nous sommes capables de collecter du pétrole dans des endroits impossibles et de l’acheminer au bout du monde, pourquoi ne le faisons nous pas avec l’eau ?

Tout ces gens qui ne peuvent pratiquement plus bouger ne pourraient ils pas, une fois repus, participer à leur tour à l’effort de production nécessaire au fonctionnement de la société ?

Investir sur la vie des gens plutôt que sur les actions d’une entreprise…

L’accès aux soins : il suffit bien évidemment d’augmenter le nombre de structures et le personnel qualifié pour que tout le monde y ait accès.

Il est déjà évident pour tout le monde que la santé publique se porterait mieux si les gens allaient consulter avant que leur état ne s’aggrave, si tout le monde se faisait contrôler régulièrement.

Les maladies orphelines : double peine pour les parents. En plus d’être exposés au mal être de leur enfant, ils sont obligés de mener des actions bénévoles pour financer des recherches que les grands laboratoires ne veulent pas prendre en charge. « Pas assez rentable ! ».

Il serait si simple d’aller à l’université de médecine en disant « qui veut travailler sur cette maladie en échange de ses droits ? ».

Évidemment le bénévolat ne disparaitrait pas.

On arrivera toujours à se créer plus de besoin qu’on est capable d’en assouvir, notamment dans le domaine des loisirs. On aura toujours notre bon vieux président de club de sport.

La dépendance : la où la technologie n’aura pas trouvé de solution, nous seront capables d’investir du temps pour l’aide des personnes dépendantes. Il y a suffisamment de chômeur pour y remédier.

Les énergies : par soucis d’économie nous faisons actuellement appel à deux principales sources d’énergie : les énergies fossiles, qui sont polluantes, et le nucléaire qui présente un risque apparemment faible, mais pour lequel les conséquences d’un accident sont catastrophiques.

Ne sommes-nous pas déjà capables de construire des bâtiments à basse consommation, voire même à énergie positive ?

La voiture électrique ne roule t’elle pas déjà ?

Ne sommes nous pas capable d’apprivoiser le soleil, le vent, les marées,… ?

La formation : très simple encore : il serait mieux d’avoir des classes à 20 élèves ? Formons des enseignants et construisons des locaux.

La sécurité sur les routes : si on considère la sécurité comme un droit élémentaire, il ne couterait rien de faire réparer sa voiture, au moins sur les éléments de sécurité. Plus personne, ou alors quelques négligents, ne roulerait avec des freins à la limite en se disant « j’attends le mois prochain ».

Les équipements de sécurité, bien souvent en option à l’heure actuelle, pourraient devenir de série alors que les usines automobiles sont actuellement en train de licencier.

Nous sommes également techniquement de construire des véhicules qui lisent les panneaux routiers et prennent une partie de la conduite en charge. Les contrôles routiers ne viseraient plus qu’à vérifier que ces moyens de contrôle n’aient pas été débranchés. Plus de PV pour les étourdis !

La retraite : actuellement, nous essayons de faire concorder des données démographiques et financières. Comment avec de moins en moins de monde qui travaille donner suffisamment d’argent à de plus en plus de gens qui ne travaillent pas ?

Et si le mode de calcul de l’âge de la retraite était technologique ?

Si la question était : jusqu’à quel âge devons nous travailler pour que tout le monde ait au moins ses droits élémentaires ?

Et si le fait de travailler quelques années de plus donnait le droit de conserver son niveau de vie ?

La décision pourrait aussi bien être individuelle que collective. S’il y avait un organisme chargé des calculs qui nous téléphonait un jour pour nous dire « nous avons suffisamment de monde sur le marché du travail dans votre catégorie professionnelle. Vous pouvez être à la retraite dans 6 mois » en conservant vos droits.

Le gaspillage : il est bien évident que le droit de consommer autant que ce qu’on a besoin n’est pas celui de consommer plus que nécessaire.

Par contre, combien de matériels finissent dans les décharges parce que ça coute trop cher de les réparer ?

Combien de matières premières jetées, souvent sans respect des normes anti pollution, par soucis d’économie ?

Le progrès technologique : à l’heure actuelle, plus on est capable de concevoir des machines qui travaillent à notre place, moins on peut manger.

Dans un monde sans argent, plus on sera à la retraite (ou en week-end) de bonne heure.

Il ne sera plus politiquement incorrect d’économiser sur la main d’œuvre.

Au contraire, une personne qui trouvera le moyen technologique d’économiser sur la main d’oeuvre pourra en être récompensée. Aujourd’hui c’est déjà possible, mais il met des gens au chômage.

Le chômage : si avec tout ça on n’arrive pas à occuper tout le monde…

La gestion des communes : Beaucoup de communes ont des budgets de maintenance réduits de façon à favoriser le budget d’aides sociales pour les gens qui n’ont pas de travail.

Et si tout simplement la commune utilisaient cette main d’oeuvre disponibles pour subvenir à ces besoins en échange de leur droits (entre nous soit dit, cela serait déjà cohérent maintenant).

La politique : Même en faisant appel à tous les désœuvrés, je ne pense pas qu’on arrive à faire tout ça, en tout cas pas tout à la fois.

Les statisticiens n’ont pas fini de calculer les besoins et les moyens de les mettre en œuvre.

Il y aura toujours des choix que devront faire nos politiciens concernant les priorités. Ils n’ont donc pas fini de se chamailler et de nous faire rire. En plus, ce ne sera plus avec notre argent mais avec notre travail !

* * *

Conclusion : On le voit, tout devient simple s’il ne reste plus que le travail à gérer et non plus l’argent pour le payer.

Évidemment, un monde strictement sans argent est une fausse utopie.

Tout est question d’éducation !!!

Gepost in Société | Permalink |  Print |  Facebook | |